Non loin de la frontière tibétaine, le Langtang est une région montagneuse située au Nord de Katmandou. Par beau temps, ses sommets forment une barrière enneigée visible depuis la capitale népalaise. Très touristique au printemps comme à l’automne, cette vallée d’altitude se retrouve chaque année totalement isolée pendant les longs mois d’hiver. Profitant du radoucissement des températures, nous avons cherché à rencontrer ces népalais d’origine tibétaine avant l'arrivée des premiers touristes qui marqueront d’ici quelques semaines le début de « la saison ».

Après une journée de bus, le village de Dhunche constituera notre point de départ. Simple formalité, le franchissement du poste militaire marque alors l’entrée dans la vallée.

Après quelques heures de marche dans une forêt dont les teintes et la densité nous font étrangement penser aux Rocheuses canadiennes, nous croisons Chorten en train d’enduire sa chevelure d’huile de fleurs. Cette coquette tibétaine s’occupe d’un « lodge », sorte d’hôtel rustique accueillant les adeptes de trekking pendant la saison touristique. Non loin de là, dans le village de Changtang, c'est Tsering qui nous montre fièrement ses marchandises tout justes installées pour les beaux jours annoncés qui, espère-t-elle, amèneront avec eux les premiers randonneurs du printemps.

 

Arrivés au village de Ghora Tabela, nous suivons les conseils d'un vieux bûcheron qui nous annonce l’arrivée de la neige et nous arrêtons pour la nuit dans sa cabane. Le jour suivant nous offre le spectacle des magnifiques sommets immaculés du Langtang sous un grand ciel bleu. Alors que nous traversons le hameau de Gompa où les quelques échoppes sont encore fermées, Nyima nous salue et nous propose de partager avec elle une soupe revigorante. Elle est heureuse de nous recevoir dans sa maison familiale car notre venue annonce selon elle l'arrivée future des touristes tant attendus..

 
 

Nous atteignons enfin le village de Langtang. Ce dernier tient son nom du plus haut sommet du massif, le Langtang Lirung, qui culmine à 7 426 m d’altitude. C’est au pied de cette imposante pyramide enneigée que les Tamang, peuple d'origine tibétaine, se sont installés pour faire leurs vies.

 

Ces bouddhistes tiennent leurs coutumes des hauts plateaux du Tibet d’où sont venus leurs ancêtres. Bien que les conditions de vie soient ici difficiles, cette vallée est aujourd’hui la leur et ils ne souhaiteraient la quitter pour rien au monde. Fatalistes et optimistes à la fois, ils attendent comme chaque année l’arrivée du printemps qui annonce le renouveau et la promesse d’un avenir meilleur.

 

Avant l'arrivée des beaux jours, le temps est ici comme suspendu : on se réunit dans la salle commune, auprès du feu, buvant le thé et priant Bouddha. On attend surtout que fonde le manteau neigeux pour commencer à déterrer les pommes de terre. La disparition de la neige leur permettra surtout de sarcler leurs champs pour y planter l'orge et le millet, peut-être aussi quelques légumes…

 
 

Outre les difficultés quotidiennes du froid persistant, l’hiver est une période de repos forcé qui génère beaucoup de frustration tant il interdit toute activité. Si cette saison est l'occasion de se réunir en famille, c’est avec une relative sérénité succédée par une impatience contenue que les villageois attendent le début du printemps qui marquera la reprise du travail dans les champs.

Maoistes népalais, Langtang Himal, Népal

Pour passer le temps qui se fait long, les jeunes se retrouvent autour d’un verre de « chang », cette bière tibétaine si populaire dans les montagnes. Pour d’autres, un simple bol de thé agrémenté de beurre de yak permettra de se retrouver en parlant du froid qui perdure et de l'arrivée des futurs touristes...

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